Entretien avec Garance Le Caisne

Nous avons eu la chance de rencontrer Mme Garance Le Caisne journaliste indépendante qui couvre depuis plusieurs années le conflit syrien. Elle vient de sortir un livre Opération César, paru en France aux éditions Stock qui dévoile grâce à des témoignages précis la réalité de la brutalité du régime de Bachar El Assad.

Il en résulte un entretien de 18 min accablant à écouter.

Garance Le Caisne : Opération César, au coeur de la machine de mort syrienne by Mediascitoyens on Mixcloud

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Mme Le Caisne, pouvez-vous nous présenter « César »

César était photographe dans la police militaire de Bachar el Assad en charge durant les premières années de la révolution syrienne de photographier les corps de manifestants tués dans les rues par le régime lors des manifestations pacifiques. Il dut ensuite photographier les cadavres des détenus morts dans les centres de détentions. De par son travail il a été confronté directement avec l’horreur de ce conflit, il a vu la multiplication des corps affreusement mutilés, yeux arrachées, marques de brulures, de strangulations… Et il comprend très vite que ces personnes sont mortes de faim, de tortures voir pour certaines d’étouffements.

Pourquoi a-t-il décidé de diffuser ces photos ?

Il a photographié ces corps pendant deux ans. Il voulait s’enfuir, mais ses amis l’ont convaincu de continuer afin de permettre aux familles des victimes de reconnaître leurs proches disparus. Il était aussi persuadé qu’un jour les criminels seraient jugés, il fallait donc collecter des preuves.

Pourquoi le régime a-t-il voulu faire ces photos avec les risques de fuites que cela impliquait ?

Le régime cache en grande partie ces actions, de plus les corps n’ont pas de nom juste des numéros. Ils sont donc difficilement identifiables. Mais ce régime est une dictature et comme dans toutes les dictatures on archive, car personne ne fait confiance à personne. Le subordonné documente ce qu’il fait pour prouver à son supérieur qu’il a bien exécuté les ordres. En outre cela prouve que le régime a un sentiment d’impunité totale.

Peut-on chiffrer le nombre de personnes qui sont mortes torturées en Syrie ?

C’est impossible on estime que la guerre civile a fait 250 000 morts. Il faut ajouter à cela  100 000 à 200 000 disparus dont on n’a plus aucune trace. À l’heure actuelle, on ne sait pas si  ces personnes sont encore vivantes bien qu’on ait peu d’espoir de les revoir.

Comment peux ton être sur des déclarations de « César » N’avez-vous pas peur d’une manipulation ?

Il suffit de croiser sa parole avec le travail des Organisations syriennes sur les droits de l’homme. Des dizaines de Syriens collectent des preuves des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Des ONG internationales comme Human Right Watch ont rencontré des familles de disparus qui ont reconnu leur proche sur les clichés de César et ont pu raconter leur histoire. HWR vient de sortir un rapport qui est consultable. De plus le FBI a authentifié ces photos. Et il y a surtout les rescapés des centres de détention qui vous racontent qu’ils ont transporté les corps.

Pourquoi n’avez vous pas publié les photos de César dans votre livre ?

Ça été une décision difficile à prendre. Ces photos sont terribles et ceux qui veulent  les consulter peuvent le faire sur internet. Mais il y a un risque que ces clichés sidèrent  le lecteur, car les corps sont très abimés et on n’avait peur qu’après la vision de ces photos le lecteur ne puisse pas lire le livre et l’objectif était d’entendre la parole des syriens. L’horreur des photos ne devait pas couvrir la parole des Syriens. Ce qu’il y a de plus horrible dans ces photos c’est qu »elles sont actuelles, elles ne datent pas du siècle dernier. En ce moment même, ces crimes continuent.

Quelle a été la réaction de la communauté internationale face à la publication de ces photos ?

Étonnantes, la première fois que ces photos ont été montrées c’était en janvier 2014, il y a deux ans, au quai d’Orsay devant John Kerry et Laurent Fabius. Il ont été sidérés par ces clichés et puis plus rien. On en reparle au printemps 2014 quand la France essaie de saisir la cour pénale internationale sur les crimes commis en Syrie, mais la Russie et la Chine mettent leur veto et là encore on ne parle plus de ces photos.

Le problème de ces photos c’est qu’à partir du moment où un pays déclare qu’on a des preuves de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis par le régime, il est obligé de se tenir à une certaine ligne conductrice dans sa politique étrangère. Et dans ce cas-là, toute négociation avec Bachar devient impossible. La France a essayé de tenir cette position, mais elle n’a mené à rien. Donc qu’est ce qu’on fait ?

Comment expliquer vous la différence de traitement envers le régime de Bachar el Assad et Daech ? Les deux torturent, mais à la différence de Daech, Bachar a l’intelligence de ne pas mettre sur internet la preuve de ses crimes.

Daech a tué 130 Français, ils sont venus nous menacer chez nous. Et comme le dit notre ministre de la défense Jean-Yves le Drian  « les crimes de Bachar eux ne concernent que les syriens ». Mais ce qu’il faut comprendre c’est que Daech est légitimé par la violence du gouvernement syrien. Tant que ce régime perdure, Daech sera toujours présent sur le territoire syrien, et ce malgré les frappes.

Pouvez-vous nous parler des frappes chimiques du régime Bachar el assad

De décembre 2012 au printemps 2013 il y a eu plus de 34 attaques chimiques notamment dans le nord. Des Syriens ont récolté les preuves et les ont transmis à la communauté internationale et ça n’a rien donné. Résultat le 21 aout 2013 l’attaque de la ghouta dans la banlieue de Damas a fait 1500 morts. En décembre 2013 l’ONU  rédige un rapport détaillant toutes les attaques qui avaient eu lieu, mais comme ils n’avaient pas  mandat pour designer les responsables ils se sont contenté d’établir un catalogue des différentes attaques. Et actuellement malgré les discours officiels, les attaques continuent notamment au chlore dans le Nord du pays et notre gouvernement a beaucoup d’échantillons de ces dernières attaques.

Pourtant Barack Obama avait désigné les attaques chimiques comme une ligne rouge nécessitant alors une réponse américaine si elle était franchie. Il n’en fut rien, personne n’a bougé et c’est un des moments où Daech a le plus recruté, car ils sont apparus comme les seuls qui protégeaient les Syriens face à une communauté internationale passive et silencieuse.

Vous présentez votre livre partout en France, quelle est le retour du public ?

Je suis agréablement surprise, les gens sont très ouverts et prêts à entendre une autre information. Dans les médias on ne parle que de Daech alors que sur 10 victimes syriennes, 8 sont tuées par le régime et 2 tués par Daech. Les gens que je rencontre ont envie de savoir la vérité et ça donne de l’espoir de se dire que l’on peut vraiment informer les gens.

Daesh à Alep

Voici un des dernier reportage de Naji Al Jerf, opposant au régime syrien et à l’organisation Etat islamique (EI). Il  a été tué par balles à Gaziantep dans le sud-est de la Turquie le 27 décembre 2015.

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Journaliste originaire de Salamiyeh en Syrie, il était l’auteur de plusieurs documentaires sur la révolution syrienne et avait collaboré avec le groupe Raqqa is being slaughtered silently (Raqqa est massacrée en silence) qui documente depuis avril 2014 les abus et exactions  des jihadistes dans la ville de Raqqa au nord de la Syrie, capitale autoproclamée de l’organisation terroriste.
Il avait également occupé le poste de rédacteur en chef du magazine syrien Hentah qui publie, selon son site web, « des scènes de la vie quotidienne des citoyen syriens ».
Naji Al Jerf, avait 37 ans, il était père de deux enfants  en bas âge et s’apprêtait à quitter la Turquie pour la France où il avait obtenu l’asile politique.

Il montre ici que les premières victimes de Daesh sont des musulmans. Nous ne sommes pas ici face à des généralités et analyses géopolitiques, mais devant des histoires personnelles tragiques. Naji al jerf  nous donne le nom des victimes, nous dévoile leur visage, leur famille, la date des enlèvements, les lieux de séquestrations, les violences subies et même le nom du bourreau, quant aux justifications que donne « l’Etat Islamique », laïcisme, apostasie elles sont démontées par les témoins directs. Ces soldats de dieu apparaissent pour ce qu’ils sont de simple voyous marchandant la liberté de leurs prisonniers. Voilà concrètement ce que fait Daesh aux Syriens.

 

Chronique de l’état d’urgence : Winter is coming

Après les attentats du 13 novembre 2015 la France est sous le régime de l’état d’urgence, officiellement pour lutter contre le terrorisme. Est-ce le seul objectif ? Pour quels résultats? Quels en sont les intérêts ?  

 

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Après les attentats du vendredi 13 novembre, la France se réveille avec la gueule de bois yeux rougis, mal à la tête, des frissons, la nausée… Pourtant la réaction des Français durant les jours qui ont suivi ces massacres a été extrêmement digne, pas de panique, pas d’amalgames. Aux esprits chagrins qui aiment railler les concepts de nation et de solidarité, le peuple français dans toute sa diversité à montré son unité et ses valeurs. Chacun d’entre nous a pu ressentir de la fierté et de l’amour pour son pays. Malheureusement il n’en a pas été de même avec les réactions de notre classe politique. Très vite, de tous bords, on a cherché à savoir comment récupérer les événements au profit de son avenir politique, comprenez sa position dans les sondages. Les déclarations maladroites, inappropriées voir nauséabondes se sont multipliées pour en arriver à la situation actuelle.

Le lendemain des attentats, l’état d’urgence est décrété, pour douze jours. On peut tout à fait comprendre que les forces de l’ordre aient besoin pendant les quelques jours qui suivent d’avoir un maximum de facilité pour identifier, repérer et neutraliser les menaces immédiates. Mais dès le 19 novembre, soit cinq jours seulement après la déclaration d’état d’urgence, l’Assemblée nationale vote à la quasi-unanimité (6 votes contre et 1 nul) la prolongation de l’état d’urgence pour une période de trois mois. Nous étions face à une menace inédite et il fallait lutter par tous les moyens contre le terrorisme. Qui pourrait aller contre cette décision si ce n’est des sympathisants terroristes ?

Trois mois seulement ? Est-ce que la situation géopolitique aura changé en 90 jours ? Imagine-t-on à l’Élysée pouvoir éliminer Daech en trois mois ? Le gouvernement a-t-il un plan trimestriel pour éradiquer l’ensemble des menaces terroristes sur notre territoire ? Ou est-ce plutôt une première étape pour habituer la population française à vivre sous un régime d’exception ? Les dernières déclarations du premier ministre expliquant dès à présent l’éventualité d’une prolongation de l’état d’urgence nous portent à croire que nous entrons dans une période où l’exception risque de durer, voire de devenir la norme.

Les attentats du 13 novembre sont-ils inédits en France ? Certes le nombre important de victimes fait de ces massacres les plus meurtriers en France métropolitaine depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais est-ce à dire que s’il n’y avait eu « que » 30 morts ce soir-là le gouvernement aurait réagi autrement ? On doit se rappeler qu’en 1986 la France connait six attentats, dont quatre rien que pour le mois de septembre. En 1995 c’est huit attentats qui sont perpétrés sur notre territoire. Or pendant ces deux séquences terroristes l’état d’urgence n’a pas été déclenché. Ce qui n’a pas empêché les forces de l’ordre de traquer les terroristes et de protéger les citoyens. Il est à signaler par contre qu’en réponse aux attentats de 1995 le ministre de l’Intérieur de l’époque, Jean-Louis Debré, active le plan Vigipirate qui n’a jamais pû être arrêté depuis. Cela fait 20 ans que nous vivons sous Vigipirate.

Le gouvernement nous répond que nous sommes en guerre. Mais il a beaucoup de difficultés à définir notre ennemi. On nous parle de Daech alors que tous les experts nous expliquent que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ils sont apparus après la perte de vitesse d’al-Qaida et on peut facilement imaginer qu’ils seront immédiatement remplacés par un autre groupe jihadiste une fois chassés de Syrie. Pourquoi ne pas s’attaquer aux racines du mal, le salafisme jihadiste ? Sur cette question le gouvernement français comme d’autres pays occidentaux se fait bien plus discret. Il ne faudrait pas froisser nos « alliés » du golfe l’Arabie Saoudite et le Qatar qui entretiennent des relations extrêmement ambiguës avec les groupes terroristes salafistes. La situation nécessiterait une clarification des positions de chacun, mais l’impossibilité pour Hollande à fédérer une coalition internationale contre Daech montre que nous en sommes très loin.

Quelle est l’efficacité de l’état d’urgence ? Suivant les chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur 82 % des perquisitions effectuées ne donnent lieu à aucune poursuite. Cela veut dire qu’au minimum 82 % des personnes perquisitionnées n’ont rien à se reprocher (le 11 Décembre 2015 Il y avait eu 2 575 perquisitions administratives depuis le 14 novembre qui ont donné lieu à 453 procédures judiciaires, 311 interpellations, 273 gardes à vue). Imaginez votre porte fracassée, vos enfants réveilles en pleine nuit par des hommes cagoulés et armés, vous menotté à plat ventre devant votre famille, toute votre intimité fouillée retournée dispersée pour vous attendre dire après ça « c’est bon aucune charge n’est retenue contre vous ! ». On se croirait dans « Brazil » le film de Terry Gillian. Sauf qu’on n’est pas dans la fiction, on n’est pas dans une caricature, on est dans la réalité brute : la France en 2015. Pour comprendre le choc de ces perquisitions, consultez le site de la quadrature du net qui recense une liste de témoignages directs de personnes qui ont eu à subir cette expérience. Quant à la question des assignations à résidence, qui peut sérieusement croire qu’un candidat au jihad craindra une assignation à résidence et abandonnera son projet d’attentat ou celui de partir en Syrie parce qu’on l’oblige à pointer trois fois par jour au commissariat ? Les terroristes, on les met en prison, on ne les assigne pas à résidence. Nous avons affaire ici à des actions de pure communication qui visent à rassurer la population et à nous faire croire que tout est sous contrôle.

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L’état d’urgence n’a pas pour seule vocation de lutter contrer le terrorisme. Dès le départ, dans le discours au Congrès, François Hollande explique à nos partenaires européens que nous ne pourrons pas tenir nos engagements sur notre équilibre budgétaire en 2017 du fait de la lutte contre le terrorisme. Mme Merkel devra comprendre que si nos comptes publics sont déficitaires il ne faut pas en blâmer la gestion calamiteuse du gouvernement mais plutôt le terrorisme international. L’état d’urgence va nous coûter cher budgétairement, nous sommes prêts à cet effort surtout s’il s’accompagne d’une hausse spectaculaire du président de la République dans les sondages. Pendant des années on a moqué l’indécision et le manque de courage de François Hollande : quelle occasion de prouver qu’il est un véritable chef ! Même en s’inspirant du programme du Front National ? Certains n’y verront-ils pas une contradiction avec son image consensuelle ? Pas lui. Pour le spécialiste de la synthèse, quoi de mieux pour lutter contre le FN que de mettre en œuvre son programme ? Pourquoi voter pour le Front National si le gouvernement socialiste applique son programme de revenir au contrôle des frontières, de prévoir la déchéance de la nationalité française, d’élargir les règles de légitime défense chez les policiers… Les apprentis-sorciers devraient faire attention : au vu des résultats du premier tour des élections régionales, rien n’indique que ces emprunts détournent du vote frontiste. Marine Le Pen présidente de la République en 2017 ou 2022 ? Ce n’est pas impossible et elle aurait alors à sa disposition une constitution modifiée suivant les souhaits de M.Hollande lui permettant d’utiliser beaucoup plus facilement le dispositif de l’état d’urgence, un véritable PATRIOT Act à la française. Que se passerait-il alors ?

Mais au lieu de fantasmer ou de cauchemarder sur notre futur, revenons au présent.  Après quelques jours seulement de  mise en application de la loi, on constate que l’objectif de l’état d’urgence n’est plus seulement la traque des terroristes de Daech : on l’a élargit à la lutte contre les trafiquants d’armes et de stupéfiants, contre les activistes altermondialistes et contre « toute personne pouvant entraver de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics ». Au bout d’une petite dizaine de jours, on met déjà sur le même plan des terroristes jihadistes, des délinquants de droits communs et des activistes politiques. Où en serons-nous dans 90 jours ?

Il faut faire attention. Ce processus instrumentalisant les peurs légitimes des populations au profit du pouvoir en place, n’est-il pas celui-là même qui caractérise de nombreux systèmes autoritaires ? Dans certains cas, cela se termine par : «ceux qui votent contre le gouvernement cherchent la guerre civile» puis «tous ceux qui sont contre le gouvernement sont des terroristes ! »  Bien sûr la France n’est pas devenue en quelques jours  une dictature. Mais rappelons-nous qu’un pays ne bascule pas du jour au lendemain de la démocratie à la dictature cela se fait toujours progressivement, insidieusement, par étapes. Et force est de constater qu’actuellement la France s’éloigne lentement de ses valeurs démocratiques. Le gouvernement a déjà prévenu par courrier le Conseil de l’Europe qu’elle pourra désormais déroger à certains droits garantis par la Convention européenne des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Nous parlons là de la patrie des Droits de l’homme. L’état d’urgence a ceci de très dangereux c’est qu’il est très facile d’y rentrer, mais extrêmement compliqué d’en sortir.  Un long hiver démocratique s’annonce, un hiver qui peut durer 6 mois comme une génération. Winter is coming.

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Charlie Hebdo n’est pas mort, il bande encore !

Spéciale dédicace de Wolinski et des onze autres à tous ceux qui pensent que la liberté d’expression doit être étouffée et ses adeptes exécutés .

Cela faisait quelque temps que nous étions endormis. Voilà qu’on nous réveille à coup de Kalachnikov. La connerie elle ne dort jamais.

Douze personnes viennent de se faire assassiner, car des crétins ont cru qu’on pouvait tuer la liberté de pensée. Quelle ignorance !

Non Charlie Hebdo n’est pas mort !

Partout en France, des milliers de petits Charlie existent. Qu’ils soient  journalistes, blogueurs, dessinateurs ou simples citoyens, ils sont prêts à reprendre le flambeau de l’impertinence coûte que coûte. Donnons leur la possibilité de grandir, pour cela il nous suffit à nous lecteurs de continuer à les lire, à les soutenir pour que l’esprit Charlie Hebdo survive. Le message aux cons doit être clair

VOUS AVEZ PERDU, JE SUIS CHARLIE ET JE VOUS ENCULE

Voici quelques éditos de nos amis

Sens Public

« Nous sommes Charlie »

Combattants de la liberté. Jamais cette appellation n’aura mieux qualifié les caricaturistes et les dessinateurs de presse qu’au lendemain de l’épouvantable attaque de la rédaction de Charlie-Hebdo. Toute la rédaction et les amis de Sens public, révoltés, disent ici leur engagement indéfectible auprès de tous ceux qui poursuivent leur œuvre en cette époque où la terreur menace de refermer partout les espaces de discussion et s’en prend aux biens communs que sont la pensée critique et la résistance au conformisme.

Les assassins disent leur haine de toute parole libre et affirment que la violence doit triompher de la démocratie. Leur acte est un discours, celui qui porte la guerre contre toute dérision qui inquiète les dogmes. Avant tout réactif, il s’en prend à l’intelligence, à l’indépendance intellectuelle, au débat d’idées et aux solidarités interculturelles. Assassiner une rédaction : ce crime sans précédent marque une rupture dans notre histoire culturelle, en s’autorisant d’une idéologie qui tient pour nulles les lois civiles, la protection des personnes et vante la haine de tous contre tous.

Cette agression ne saurait rester sans réponse. Poursuivre l’exploration critique des conflits contemporains, publier toujours davantage sur des sujets faisant polémique, entrer en lutte contre tout ce qui affaiblit et menace l’esprit critique, élargir encore notre mission de former des jeunes auteurs capables de travailler en réseau, ce sera la nôtre jour après jour. En effet, si le fanatisme a une face idéologique contre laquelle nous nous dressons, il a aussi une face culturelle sur laquelle nous devons agir – les certitudes qui enferment chacun de nous dans un monde étriqué et nous condamnent à accepter trop aisément le fameux adage « There is no alternative ».

Sans doute cela n’est-il pas suffisant. Des milliers de jeunes européens ne se voient offrir que des situations de survie, sans perspectives financières ni intégration ouverte. Les ghettos de la République ont pu paraître s’apaiser après quelques émeutes urbaines, mais le fanatisme a toujours recruté des individus sans cause dont la transgression brutale sera à jamais le titre de gloire et de folie. Engagé pour la liberté, Charlie lutte contre toutes les hypocrisies et soutient l’intégration contre les communautarismes : s’ils voulaient crier leur haine, les tueurs ne pouvaient davantage se tromper de cible ! La ligne suivie par Charlie contre l’indifférence et le mépris fait partie intégrante du pacte républicain et nous avons besoin du talent, de l’irrespect et de l’engagement de tels artistes et éditorialistes.

Le conte philosophique de José Saramago Les intermittences de la mort s’achève sur le rêve de voir la mort cesser de frapper après avoir été émue par le talent d’un violoncelliste qui « joue comme s ‘il faisait ses adieux au monde ». C’est la sincérité qu’on assassine. Le journaliste et romancier portugais disait aussi par là que l’avenir n’est pas au bout des statistiques, mais exige l’authenticité dans la communication. Nous la pratiquerons et la renforcerons chaque jour.

Sens Public

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Le Ravi

Charlie Hebdo : Sidération peine et colère

Sidération, peine, colère… Les mots manquent suite au massacre durant lequel deux tueurs ont déchainé leur haine contre la rédaction de Charlie Hebdo, entrainant la mort des dessinateurs Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski, mais aussi du chroniqueur Bernard Maris, alias Oncle Bernard, et de six autres personnes.

Lors de la publication de notre 100ème numéro, en septembre 2012, nous avions organisé un débat public sur le droit à la satire et la liberté de la presse à Marseille avec Charb. C’était juste après la publication du dessin « Intouchable n°2 » représentant Mahomet dans un fauteuil roulant poussé par un rabbin. Nous avions partagé avec lui, à Belsunce, un couscous… et une bouteille de vin rouge. Sous escorte policière. En décembre 2010, toujours à Marseille, nous avions également initié une rencontre publique avec Charb, déjà directeur de publication de Charlie, sur les dangers de la banalisation du Front national. Coco, dessinatrice à Charlie (présente lors de la tuerie mais heureusement rescapée) a illustré de nombreuses Une du Ravi.

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Médiascitoyens

On ne tue pas l’intelligence

Ils s’appelaient Ahmed, Bernard, Cabu, Charb, Elsa, Franck, Frédéric, Honoré, Michel, Mustapha, Tignous, Wolinski. Journalistes, caricaturistes, économiste, psychanalyste, agent d’entretien, policiers. Douze morts, et les autres, blessés, dans l’attentat contre Charlie Hebdo, hier, 07 janvier. Tous à ce moment étaient concernés par l’existence d’un journal symbole de nos libertés fondamentales : celles de l’esprit, de l’expression, de l’information, de la presse.

Ces libertés ont été acquises de haute lutte et notre pays l’a rappelé hier en se réunissant massivement dans toutes les villes de France.

Aujourd’hui, l’émotion est grande et les pleurs nombreux. La nation entière est en deuil. Aujourd’hui, écrire est difficile. On a envie de le faire en lettres blanches sur fond noir, comme cette image partout présente en hommage à Charlie : Nous sommes tous Charlie !

Nous sommes tous Charlie car Charlie est nous tous. Le journal satirique représentait, représente, représentera encore et encore cette idée de la France, pays des libertés et de l’esprit critique et cette idée d’une presse par dessus tout libre et indépendante. Héritiers de Voltaire ou de Daumier, nous sommes désormais ceux de Cabu, de Charb, de Maris, de Wolinski, de Honoré et de leurs copains tués.

Cet héritage, le peuple réunit hier l’a compris. Il est du devoir de l’ensemble de la presse en France et ailleurs de l’assumer et de le perpétuer. De se rappeler que son rôle est d’être un instrument de la démocratie au service de l’élévation de l’esprit critique, de l’éveil des consciences de toutes et de tous. C’est ce que nous dit Charlie Hebdo chaque semaine.

Hier, en attaquant Charlie Hebdo, des hommes ont voulu tuer l’intelligence. C’est pourquoi aujourd’hui, sans distinction de cultures, de religions, de professions ou de classes sociales, nous sommes tous Charlie. A un obscurantisme qui n’a rien de religieux, opposons les lumières de la tolérance et de la liberté. Dressons-nous tous ensemble et comme Charlie, avec Charlie, continuons le combat pour que vive la presse libre et indépendante.

Le réseau MédiaCitoyens et tous les médias qui le composent tiennent ici à exprimer leur vive émotion face au drame qui touche Charlie Hebdo et les proches des victimes. Nous nous associons à leur douleur et leur adressons nos plus sincères condoléances.

Vous pouvez lire le texte sur le site original

Lyon Bondy Blog

« Chialer Hebdo »

Le LBB s’associe à la commémoration de l’attentat contre le journal satyrique Charlie Hebdo, et au sentiment d’union nationale en ce jour de deuil. Et puisque certains voudraient qu’on la ferme, c’est le moment d’ouvrir sa gueule.

Le seul moment où nous garderons le silence ne dépassera pas la minute de recueillement pour les douze morts de la liberté d’expression froidement assassinés mercredi dernier. Passé ce délai, il va bien falloir dire les choses, et pour commencer, heureusement qu’il n’est pas pêché d’être con en religion. Car il s’agit avant tout de cela, la connerie humaine dans toute sa splendeur que de vouloir empêcher la moquerie. Les deux caricatures de combattants, véritables assassins de la pensée, nous l’ont prouvé hier encore.

Jeudi matin, nous nous sommes réveillés avec la gueule de bois. Mercredi matin, c’est l’incrédulité, la stupeur, la colère et la tristesse qui nous ont envahis. Puis, au fil de la journée, c’est la peine qui n’a cessé de croître à mesure que nous connaissions les victimes de cet horrible attentat : Charb, Cabu, Wollinski, Tignous, Bernard Maris… Ces têtes connues, ces visages familiers, ces dessinateurs que l’on connaissait depuis si longtemps qu’on avait l’impression qu’ils étaient des amis.

Mercredi soir, le Lyon Bondy Blog a participé, comme plusieurs milliers de personnes, au rassemblement place des Terreaux. Nous avons partagé ce moment de rassemblement, émouvant, triste mais aussi indigné.

Car c’est bien notre liberté qui a été ciblée. Liberté de penser pour commencer, en opposant des balles contre des mots, du sang contre de l’encre. Liberté d’expression ensuite, en voulant couvrir le son des mots par le fracas des rafales. La liberté de conscience, avec le droit au blasphème et celui d’être laïque pratiquant, comme le disait Cabu. Liberté de rire pour finir, en nous donnant l’envie de pleurer devant tant de stupidité, parce que des hommes sont morts, de rire.

Exercer la fonction de journaliste comporte, on le sait, des risques : on connaît les risques que prennent les reporters de guerre, lorsqu’ils couvrent des conflits. Un de nos journalistes le sait, lui qui s’est rendu pour nous à la frontière libanaise dans un camp de réfugiés syriens et qui s’est fait interroger un an plus tard par le Mossad au proche Orient.

Que cet attentat ait eu lieu en France, dans un journal, en plein cœur de Paris, nous confine au choc, à la peine, à l’ahurissement, et les qualificatifs sont nombreux.

Charb, Cabu, Wollinski, Tignous, Bernard Maris… et les autres victimes ont été tués par la bêtise et l’obscurantisme. Mercredi soir, la foule réunie place des Terreaux scandait à l’unisson pour la liberté d’expression. Nous, au LBB, avons toujours eu à cœur de défendre les valeurs du bien-vivre ensemble, de fraternité et de paix. Plus que jamais, nous formulons des vœux en ce sens. Plus que jamais, nous appelons au rassemblement plutôt qu’à l’opposition, à la solidarité, à l’entraide et au recueillement. Plus que jamais, il faut choisir le camp de la paix, de la raison et rendre hommage à l’esprit qui caractérise Charlie Hebdo : celui de la libre pensée. Dans ce sens, nous encourageons les Lyonnais à se rassembler dimanche pour une marche silencieuse, apolitique et dans le respect de tous. Nous espérons vous y retrouver.

Nous espérons avec force que la renaissance de Charlie Hebdo n’en sera que plus forte.

En cette journée de deuil national, nous nous associons à la douleur des proches des victimes et leur formulons nos condoléances les plus sincères.

Restons des citoyens libres et unis devant la menace pour ne pas être « libérés » de notre citoyenneté.

 L‘ensemble de la rédaction du Lyon Bondy Blog

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L’Union européenne, entre l’ouverture graduée de certains marchés et une dose de protectionnisme

 

Entretien paru dans la revue  sens public  avec Christophe Premat, député des Français de l’étranger résidant en Europe du Nord

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Sens public : La campagne pour l’élection du parlement européen s’ouvre dans un contexte morose : abstention, austérité, inégalités croissantes. Quel est l’enjeu de cette élection ?

Christophe Premat : L’enjeu est tout simplement la croyance dans la pérennité du projet européen. Les jeunes générations s’abstiennent et manifestent leur mécontentement à travers ces élections qui ont souvent servi de défouloir politique. Dans le même temps, les forts taux de chômage des jeunes dans les pays de l’Union expliquent cette réaction générationnelle et cette méfiance à l’égard des institutions européennes. L’Europe n’est pas tant rejetée pour ses valeurs (construction d’une zone de paix grâce à un marché unique) que pour son fonctionnement (échec à dépasser les logiques nationales). On ne se rend plus compte des bienfaits de l’Europe au quotidien (liberté de circulation, possibilités de mobilités, protection des droits fondamentaux, législation sur l’usage de certains produits, etc.). Nous avons à mon avis commis une erreur qui était de faire croire que l’avenir européen se jouait entre ceux qui refusent les traités et ceux qui les acceptent sans voir que ces traités étaient un socle pour de futurs débats sur les politiques européennes à mener. Cela s’est traduit par le privilège de la voie parlementaire et donc un sentiment d’éloignement par rapport aux enjeux européens.

La réaction est avant tout due au sentiment d’impuissance des États-membres. La méfiance à l’égard des institutions est fondamentalement liée à la forte demande de protection sociale des citoyens. Il y a une demande d’État qui est significative à l’heure où l’Europe a renforcé les dynamiques régionales. Les inégalités ont considérablement augmenté au cours des dix dernières années et il existe une crainte quant à la dégradation des services publics et à une plus faible protection sociale dues aux difficultés économiques.

De plus, l’Union européenne n’est pas non plus épargnée par l’apparition de nouvelles formes étatiques avec certaines régions autonomes réclamant ouvertement une indépendance. L’Écosse organise prochainement un référendum sur cette question, mais on voit que la Catalogne ou la Flandre sont tentées par ce destin.

Depuis dix années, les pays de la zone euro sont marqués par une stagnation de l’économie et une très faible croissance. La crise financière de 2008 a aggravé cette situation et les politiques de rigueur ont des effets désastreux sur le bien-être des populations. Le gouvernement Valls a pour la première fois levé le tabou de la politique monétaire pour avoir davantage de marge de manœuvre. La question se complique car elle pourrait signifier des ajustements par rapport à la monnaie unique pour pouvoir stimuler les économies nationales. Dans le même temps, ce serait donner raison aux souverainistes qui dénoncent les effets de la monnaie unique. Les monnaies ne sont pas que des instruments d’échanges, elles recèlent également une valeur symbolique qu’il ne faut pas négliger. Quand on regarde les débats de la campagne des élections européennes, on ne voit que les défauts, la question de l’emploi et de la concurrence des marchés nationaux. Bref, nous restons encore très ancrés dans les imaginaires nationaux, ce qui a été renforcé ces dernières années par le privilège de la coopération intergouvernementale et le poids du Conseil Européen.

Le président de l’Union Européenne et le secrétaire des affaires étrangères restent largement méconnus des populations. Tout cela est le résultat logique d’une architecture institutionnelle unique au monde. Nous avons les ressources pour dépasser ces conflits et renforcer la législation européenne, j’aimerais que nous puissions davantage porter le curseur sur ces aspects-là car au fond la question qui se pose est celle de la protection européenne sur le plan de la défense et de l’harmonisation sociale et économique.

SP : L’Europe commémore cette année à la fois le centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale et le soixante-dixième du débarquement américain en Normandie. Que vous inspirent ces rappels historiques ?

CP : Ces rappels historiques sont importants car ils nous font prendre conscience des valeurs essentielles de l’Europe constituées autour de la paix. La paix a été au cœur de la construction empirique et pratique de l’Union et les défenseurs de ce projet ont privilégié la coopération économique pour favoriser cet esprit de paix et éviter le repli sur des logiques nationales et défensives. Il y a pour moi une autre date importante qui devrait à mon sens être un jour férié, c’est celle du 9 mai. En effet, Robert Schuman avait rappelé dans sa déclaration du 9 mai 1950 les fondamentaux de la conscience européenne. Les relations franco-allemandes devaient alors être repensées d’une nouvelle manière. L’idée est incroyable : plutôt que de se faire la guerre, mettons en commun nos ressources pour éviter de tomber dans le problème du réarmement du voisin. Je suis encore étonné que cette idée ait pu germer seulement quelques années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Ces rappels historiques montrent que l’Europe doit se consolider et se structurer davantage pour ne pas retomber sur des frontières et des logiques concurrentes. L’Europe a un sens après les divisions de la guerre froide. Toutefois, la conscience européenne n’est pas partagée par tous les pays de la même manière. Certains pays traversent une phase nationaliste, j’espère que nous pourrons aller au-delà pour favoriser l’entente mutuelle et le développement de coopérations fortes. De ce point de vue, nous devons imaginer les lieux de mémoire de demain et glisser du 8 mai vers le 9 mai pour mettre en avant ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise. La construction européenne a besoin d’une symbolique plus forte pour renforcer l’identification à la citoyenneté européenne.

SP : En 2014, l’Europe est plongée dans une crise qui rappelle les années trente du siècle dernier : chômage de masse, émigration de nombreux jeunes et escalade militaire en Ukraine. Ne craignez-vous pas que les égoïsmes locaux et l’esprit de clocher ne prennent le dessus sur les nécessaires solidarités entre nations qui s’enrichissent de leurs différences ?

CP : Il y a une différence majeure avec les années trente, c’est que l’Europe n’existait justement pas à cette époque. Nous avions des empires coloniaux concurrents et la progression des totalitarismes, ce que nous n’avons pas aujourd’hui. Les partis nationalistes n’osent pas renouer avec certains discours des années trente qui restent cantonnés à des dérives. L’émigration de nombreux jeunes me semble traitée avec un biais. Nous avons depuis 25 ans le programme Erasmus qui a permis la plupart des mobilités européennes, ce programme est aujourd’hui très banal alors que les jeunes partant à l’étranger étaient beaucoup plus rares au début des années 1980. J’ai rencontré beaucoup de jeunes Erasmus français en Europe du Nord et notamment en Suède et il est très agréable de voir comment ces programmes ouvrent les esprits et rendent les trajectoires professionnelles de ces jeunes encore plus originales. L’Assemblée nationale a créé une commission d’enquête sur l’exil des forces vives de France, colportant indirectement l’idée que l’émigration des Jeunes vers l’étranger était le signe d’un mal-être de notre pays. Les mobilités et l’ouverture à l’étranger sont les composantes essentielles de notre avenir, il n’existe aucune civilisation qui ne survive en vase clos. Les nations sont des corps vivants qui échangent en permanence, ce serait une erreur fatale de se replier. L’Union européenne a organisé un espace d’échanges entre tous ces États-membres qu’il faut approfondir, réguler de manière à ce que nous puissions lutter contre les effets de concurrence des marchés nationaux. L’approche européenne et collective est plus que jamais nécessaire.

La situation de l’Ukraine est préoccupante à l’heure où le Donbass et d’autres régions sont déstabilisés. Si l’Union européenne est capable de contenir partiellement les agissements de Vladimir Poutine, il reste à solidifier la transition politique et à élaborer des institutions capables d’éviter un basculement dramatique. Là encore, les pays ont tendance à réfléchir selon leurs propres modèles institutionnels. Tout le monde soutient la tenue des élections présidentielles alors que le pays a besoin d’un système parlementaire consolidé. Dans ce domaine, l’Union européenne peut porter une voix allant bien au-delà des diplomaties bilatérales.

SP : Les Européens ont historiquement associé une avance technologique à la maîtrise de l’exploitation minière et agricole et à des formes institutionnelles novatrices. Ne devons-nous pas nous préoccuper du fait que la compétition se déroulerait à présent largement sans nous ? La Corée, l’Inde, le Brésil ou le Canada ne sont-elles pas les puissances montantes, à côté des États-Unis, de la Chine et du Japon, au point d’obliger l’Europe à se développer en associant le soutien aux multinationales qui y disposent encore de leur siège et le développement de l’économie résidentielle portée par le tourisme et les nombreux retraités ? Comment contrecarrer cette vision récessive ?

CP : C’est vrai que la mondialisation s’est traduite par une coupure entre les lieux de décision et d’exécution puisque la production s’effectue largement dans les pays émergents avec une main d’œuvre à bon marché. En d’autres termes, notre niveau de consommation est lié à une exploitation de la force de travail dans tous ces pays. Cette vision est effectivement récessive car elle implique une logique de dépendance menaçant nos souverainetés économiques. Les efforts de réindustrialisation sont nécessaires, mais ils ne suffiront pas à rééquilibrer les échanges et à gommer cette disjonction entre la commande et l’exécution. Le programme de François Hollande en 2012 prévoyait deux options importantes pour retrouver le chemin de la croissance, la transition énergétique avec la conquête de nouveaux secteurs d’activité et le développement du numérique. Ce sont des questions qui s’inscrivent au sein d’une stratégie européenne. Nous voyons bien ici les enjeux fondamentaux : sommes-nous capables de poursuivre l’Europe de l’énergie pour garantir notre autonomie ? Sommes-nous capables de créer les conditions d’une régulation du secteur numérique pour éviter les effets de captation par de grandes multinationales ? Sur ces enjeux, l’Union européenne peut élaborer une législation innovante en protégeant les citoyens grâce au principe de la neutralité du net, au droit d’oubli numérique, tout cela au service d’une croissance maîtrisée. Au fond, l’avenir de l’Union européenne est lié à un jeu très fin entre l’ouverture graduée de certains marchés et une dose de protectionnisme. L’équilibre se joue là : la plus-value serait de consacrer ce que les Socialistes avaient nommé le « juste échange » dans le programme adopté en 2011, à savoir des échanges économiques corrélés à des relations culturelles et politiques plus étroites avec les pays hors de l’Union européenne. Évidemment, cette vision est contredite par l’effet de concurrence des marchés nationaux qui rend difficile la concrétisation de la stratégie économique de l’Union européenne vis-à-vis du monde extérieur.

Au fond, pour reprendre votre question à une échelle historique plus globale, l’Europe a d’abord été marquée par une concurrence effrénée entre les systèmes d’exploitation coloniale qui se sont progressivement mis en place avec la conquête du Nouveau Monde, et qui a abouti à des guerres mettant en rivalité les appareils de production. L’Union européenne est cette incroyable invention d’une coopération économique pour unifier ces appareils de production et créer une zone de bien-être. Le défi est de pouvoir inventer de nouveaux produits et des régulations inédites pour éviter de dépendre d’une main d’œuvre exécutante et exploitée ailleurs dans le monde. Je pense personnellement que les PME et les PMI doivent être encouragées dans leur stratégie d’internationalisation, non pas seulement parce qu’elles créeront des emplois, mais surtout parce qu’elles permettront de pluraliser les marchés et d’éviter des situations de monopole. Au fond, le tissu industriel peut être reconstruit grâce à une forme de capitalisme coopératif susceptible d’engendrer des petites unités de production sur nos territoires en Europe. Si nous relocalisons une partie de l’outil productif, si nous valorisons nos savoir-faire et si nous imaginons d’autres formes de vivre ensemble, alors nous pourrons être un facteur d’équilibre dans le monde.

SP : Les conseillers économiques de François Hollande (Aghion, Cette et Cohen) parlent de « changer le système » et proposent un mixte de l’esprit d’entreprise américain et de la flexisécurité suédoise. Cette orientation vous semble-t-elle adaptée à la phase actuelle de notre développement social ?

CP : François Hollande est persuadé que notre faible compétitivité est un handicap pour le pays et l’Union européenne. Il faut pour cela muscler l’offre et dépasser des oppositions simplistes entre la vision libérale d’une société de marché et la stimulation de l’économie par le biais d’investissements publics et l’augmentation de la dépense publique. Les assises de l’entrepreneuriat qui se sont tenues en 2013 avaient pour objectif d’enraciner une culture de l’entreprise et de la dédramatiser. Le droit d’entreprendre doit être réaffirmé, d’où la proposition de créer des modules scolaires liés à une culture du projet. Dans le même temps, il faut créer les conditions d’une reconversion possible des individus engagés dans une activité d’entreprise et pour cela nous approchons de la flexisécurité suédoise où les individus sont accompagnés dans leur trajectoire professionnelle pour rebondir. Cela suppose une valorisation des compétences professionnelles et leur utilisation à bon escient, et surtout une nouvelle culture syndicale. Les syndicats suédois aident leurs salariés à rechercher un nouvel emploi proche de leurs compétences. Tout ceci s’effectue par un barème de cotisations lorsqu’ils ont une activité professionnelle. Les syndicats sont donc des interlocuteurs sur l’emploi, mais aident concrètement les salariés licenciés à se reconvertir. Ce modèle organisationnel présuppose une mutation culturelle décisive. Il faudrait en réalité que les responsables des grandes entreprises soient de véritables entrepreneurs de terrain et non pas des transfuges de la haute fonction publique. Là aussi, l’innovation passera par la revalorisation de la base.

SP : Les visions dominantes de l’avenir associent la transition énergétique, la formation continue de la population et le développement des industries numériques. Pensez-vous que cela puisse constituer un socle pour de nouvelles perspectives en Europe ? Subsidiairement, comment concevez-vous que des formes de sociabilité alternatives puissent se faire une place ? Faut-il s’appuyer sur des communautés à petite échelle qui modifieraient les programmes issus des visions stratégiques des États et des grandes entreprises ? Ou bien militer pour l’intensification des usages numériques malgré les atteintes à la vie privée et la constitution de monopoles ? Encore autre chose ?

CP : Nous vivons une situation paradoxale avec une forte demande de protection sociale et d’État et en même temps le renforcement des identités locales. L’Union européenne a valorisé les régions, mais en même temps nous assistons à un repli des différentes opinions nationales face à la crise qu’ils imputent en partie et à tort aux institutions européennes. Formation tout au long de la vie et industries numériques sont deux « maîtres-mots » comme le dirait Edgar Morin, c’est-à-dire des concepts devenus des slogans et il importe de préciser les dispositifs censés les illustrer. La formation tout au long de la vie vise davantage à rendre autonomes les individus et à diversifier les trajectoires. Au fond, nous souffrons de ce que les chercheurs en sciences de l’éducation nomment le « prestige vocationnel ». Nous délaissons certains métiers au profit d’autres et nous souhaitons que tous les enfants aillent dans un cursus général. Si la formation de base doit être améliorée, il faut donner le goût d’apprendre aux enfants et leur donner des possibilités d’avoir plusieurs métiers au cours de leur vie. Si nous cassons les hiérarchies de corps, si nous construisons davantage de profils autonomes, alors nous pourrons également développer de nouvelles formes de sociabilité et imaginer des liens inédits de solidarité. Nous avons tendance à trop exiger de l’éducation dans un monde individualiste où les liens familiaux évoluent et se recomposent. Il est important de refonder des communautés capables de porter des projets innovants et d’influencer les grands acteurs du monde économique et politique. L’éducation doit former des citoyens capables de s’orienter et de devenir autonomes et d’évoluer au sein de trajectoires professionnelles originales. Ces communautés sont les seules qui pourraient réparer la fracture entre ce que Cornelius Castoriadis appelait le monde des exécutants qui sont toujours déclassés et les dirigeants qui s’élèvent dans la hiérarchie, mais qui ont besoin d’exécutants pour réaliser leurs objectifs. L’autonomie implique pour l’individu de mélanger les tâches d’exécution et de direction pour pouvoir évoluer de manière autonome.

Le développement de l’industrie numérique mérite une attention car il n’est pas synonyme automatique de nouvelle croissance pour l’Union européenne. Au contraire, il convient d’instaurer des régulations et une protection de la vie privée. La Cour de Justice européenne, la Cour européenne des droits de l’homme ont un rôle fondamental dans le souci de protection des individus face aux abus de cette industrie. La législation sur l’industrie numérique en Europe est en train d’évoluer pour protéger les individus des excès d’une société de marché. Là aussi, il est important de lutter contre la concentration des moyens aux mains de grands groupes ayant le monopole des données et des moteurs de recherche. L’avenir de l’Europe est peut-être dans la nécessité de limiter le poids de ces grands groupes, les économies capitalistes fonctionnant malheureusement souvent sur le même modèle : pluralité d’acteurs sur le marché, concurrence et captation des idées des concurrents et élaboration d’une phase de monopole. Repenser la logique du numérique en organisant son champ d’application en Europe est une priorité.

SP : La démocratie d’opinion suppose une vitalité suffisante de la presse. Mais le modèle traditionnel des journaux est gravement fragilisé, la télévision doit concentrer de larges audiences et reste avant tout consensuelle, en sorte que les lieux où s’expriment des opinions ont progressivement quitté la sphère publique pour occuper des niches numériques restreintes. Les blogs, les revues électroniques et les associations qui le portent ne sont jamais parvenus à déployer un modèle économique viable. Cela contribue notamment à l’éloignement des jeunes face aux questions de société. Ce sujet vous semble-t-il susceptible de donner lieu à des projets dans un proche avenir ?

CP : Nous sommes devant un choix de civilisation fondamental surtout quand nous connaissons l’histoire de la presse en Europe depuis le siècle des Lumières. L’opinion publique a besoin d’une pluralité d’acteurs indépendants pour pouvoir émerger et exercer sa capacité critique. Si la presse tombe dans une logique de dépendance, alors il est évident que les approches alternatives peuvent passer à la trappe. Les grands groupes rachètent certains journaux ce qui rend compliqué l’exercice d’une information maîtrisée et impartiale. Quand on regarde les informations, on se rend compte qu’il y a un effet de mimétisme où la plupart des journaux reprennent une première source sans se prêter à un véritable effort d’enquête. Une commission sur le numérique devrait prochainement naître à l’Assemblée Nationale et j’espère qu’elle donnera lieu à des travaux sur ces questions avec notamment l’émergence de cette presse indépendante dont nous avons tant besoin dans le quotidien de nos démocraties.

On voit bien à travers toutes ces questions qu’il existe deux projets historiques en Europe, un projet capitaliste d’exploitation systématique des ressources au service du confort matériel et un projet d’autonomie fondé sur la réflexion et la mise en question des institutions collectives comme cela a été le cas à certaines périodes de l’histoire européenne. Ce constat, Cornelius Castoriadis l’avait fait à sa manière ; je pense qu’il y a davantage une hybridation de ces projets d’où la complexité parfois à avancer dans une direction souhaitable pour le bien-être collectif. Il y a des espaces d’autonomie à conquérir et pour cela nous avons besoin d’une presse plus indépendante.

Propos recueillis par Gérard Wormser

Européennes 2014 « On est contre l’Union Européenne, mais pas contre l’Europe  » interview des candidats frontistes aux européennes

Notre collaborateur, étienne Aazzab a pu rencontrer les candidats Front National aux européennes 2014.

M.Bruno Gollnisch

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 CLIC : Quelle politique allez-vous défendre à Strasbourg ?

Je le dis très clairement nous allons essayer de broyer la machine qui détruit les peuples, et notre souveraineté. Elle accumule les réglementations insupportables pour les entreprises françaises et ouvre nos frontières à la concurrence de pays qui n’ont aucune réglementation et font travailler leurs ouvriers dans des conditions d’esclaves. Le résultat c’est la ruine de nos entreprises.

CLIC : Certains critiquent le manque d’assiduité du FN au parlement européen

Le FN est remarquablement présent au parlement européen, c’est justement ce qui inquiète nos adversaires. Vous savez ceux qui critiquent nos actions au parlement européen devraient vérifier les faits avant de parler  et j’incite vos lecteurs à aller sur le site du parlement européen pour voir l’assiduité des différents députés européens.

 

CLIC : Qu’elle est votre message envers vos électeurs.?

Il y a la place d’une coopération entre les peuples d’Europe sur des projets précis et quantifiable comme, c’est le cas de la fusée Ariane qui ne doit rien au système de Bruxelles. L’Union Européenne est devenue une machine bureaucratique mondialiste qui nous entraîne dans le gouffre.

 

M.Christophe Boudot

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CLIC : Quelle est la conception de l’Europe du FN ?

 Nous sommes pour l’Europe des patries et de la coopération. Notre modèle c’est  Airbus, une coopération européenne d’Etat. Nous voulons garder une authenticité, une liberté d’action pour les Etat de chaque pays de s’allier pour des projets spécifiques à d’autres pays européens.Notre conception de l’Europe se rapproche de celle d’origine des Etat souverains qui s’allient entre eux pour former quelque chose de plus grand. Cela n’a rien à voir avec le magma énorme qu’est devenue l’Union européenne et qui ne correspond pas à la réalité. On est contre l’union européenne, mais pas contre l’Europe

 

CLIC : Etes vous pour l’Euro ? 

Nous sommes pour l’euro à la limite comme monnaie commune qui nous permettrait d’échanger entre pays européens, mais pas comme monnaie unique. Car la monnaie préfigure l’état de santé d’un pays, nous ne pouvons pas avoir la même monnaie que l’Allemagne ou la Grèce. Gardons nos monnaies intérieures.

CLIC : Etes vous pour un SMIC européen ?

 Dans l’état actuel des choses un SMIC européen serait forcement aligné sur un SMIC bas de gamme à l’allemande à 400 euros par mois. Ce n’est pas viable.

 

CLIC : Que pensez vous du modèle économique allemand ?

 L’Allemagne a accepté de baisser toutes les barrières de l’emploi. Ce qui fait que maintenant vous avez beaucoup d’emplois précaires payés peu cher en Allemagne. Ce n’est pas notre modèle, pour nous le plein emploi doit venir dans la liberté d’entreprendre et la baisse des charges des entreprises. Sans vouloir d’un modèle libéral il faut quand même une souplesse dans l’embauche des salariés et donner les moyens aux entreprises de travailler.

CLIC : Allez vous demander à redéfinir les frontières ?

 Nous sommes pour des frontières nationales afin de sécuriser l’espace national ce qui ne veut pas dire qu’on va voir apparaître des murs, des miradors ou des barbelés. Il y a aussi la question des échanges tarifaires douaniers qui doivent être contrôlés. Il faut taxer les produits venant de pays qui ne respectent pas nos normes environnementales sanitaires ou sociales et qui rentre en compétition avec nos produits. Si on ne le fait pas nous perdrons notre industrie et la France deviendra un simple pays de tourisme.

 

Mme Marie Christine Arnautu

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CLIC : Quelle est la politique familiale du Front National ?

On considère au Front National que la famille fait parti d’un des deux piliers essentiels d’une société épanouie avec la nation. Or depuis une vingtaine année toute la branche famille de la sécurité sociale a été dépouillé au profit d’autre branche ce qui prouve que la famille n’a pas été la priorité des gouvernements successifs. Au niveau européen,  L’Union Européenne veut volontairement priver nos compatriotes de tout repère comme la famille et la nation, sans anticiper les changements démographique au niveau mondial qui voient un affaiblissement de l’Europe vu son faible taux de natalité. Nous voulons impérativement donner toute sa place à la famille.

Compte rendu du meeting du Front National du 24 mai à Lyon

Européennes 2014 : « Je suis un européen convaincu mais pas toujours convaincu par l’Europe » entretien avec Renaud Muselier

Dans le cadre du CLIC, notre collaborateur Etienne Aazzab a pu interrogé plusieurs  candidats UMP aux  élections européennes pour le secteur  Sud Est.

La tête de liste M.Renaud Muselier

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Vous pouvez écouter l l’intégralité des réponses de M.Muselier en cliquant ici 

CLIC : Monsieur Muselier, qu’elle est la politique européenne de l’UMP ?

Je suis un européen convaincu mais pas toujours convaincu par l’Europe. Il faut savoir que 70 % des décisions qui nous concernent au quotidien sont prises par l’Europe. Notre message est donc clair,  « agir pour la France en Europe ». On veut une France forte, souveraine et responsable. Or aujourd’hui la France est faible, François Hollande a cassé le couple franco allemand et aujourd’hui on est à la traîne de l’Europe.

CLIC : Êtes vous pour un SMIC européen ? (2min 26)

Non j’y suis opposé mais je suis aussi contre le dumping social. La réalité c’est qu’on est trop cher en France,  pas assez compétitif même en comparaison avec les autres pays européen. Il faut donc reformer notre pays.

CLIC : Vous avez été Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères auprès du Ministre des Affaires Étrangères dans les gouvernements Raffarin que pensez vous de la place de la France dans le monde ? (4min)

La France n’est plus la grande puissance économique mais on était encore jusqu’à peu une vraie puissance diplomatique, avant la parole de la France était écoutée. Avec François Hollande ce n’est plus le cas. On est absent sur le fond et sur la forme.

Madame Françoise Grossetête

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Vous pouvez écouter l l’intégralité des réponses de Mme grossetête en cliquant ici

CLIC : Madame Grossetête, que faire pour améliorer les conditions pour les roms ?

L’Union européenne a consacré des budgets importants pour aider les pays dont les roms sont originaires à régler ce problème. Malheureusement les populations Roms n’ont pas bénéficié de ces aides. Elles ont été détourné par certain gouvernement malhonnêtes c’est pourquoi nous avons demandé qu’il y ait un véritable audit sur ces financements qui étaient destinés à la population Rom. Il faut savoir que les roms fuient la pauvreté et préfèrent être pauvre parmi les pauvres chez nous plutôt que rester chez eux parce que ce sont des minorités très mal traitées dans leur pays. En France, il faut distinguer les Roms qui souhaitent véritablement s’intégrer et qui doivent être aidé de ceux qui n’acceptent pas nos lois et doivent être expulsés. Il ne faut pas mettre en péril la cohésion sociale.

 CLIC : Que peut on améliorer en Europe sur la question de l’environnement ? (3min 40)

Bien qu’elles soient nécessaires dans la lutte contre le changement climatique, il faut éviter d’avoir trop de normes car elles pèsent sur nos entreprises, sur nos concitoyens et sur nos élus locaux. C’est pourquoi nous devons procéder par étapes avoir un juste équilibre entre la nécessité de progresser dans la lutte contre le changement climatique et la protection de nos emplois. Ca ne sert à rien d’empiler les normes si on ne peut pas les appliquer.

CLIC : Comment faire pour harmoniser la lutte contre le dopage dans toute l’Europe ? (5min 10)

Le dopage dans le sport est un vrai fléau car il met en danger la santé de nos sportifs de hauts niveaux et ce sont eux en priorité les victimes de cela. Ensuite qui dit sport dit valeur et le dopage ne fait pas parti de ces valeurs là. C’est pourquoi il faut être extrêmement vigilant sur cette question dans l’organisation des épreuves sportives.

M. Michel Dantin

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Vous pouvez écouter l l’intégralité des réponses de M.Dantin en cliquant ici

CLIC : M.Dantin, quelle serait la meilleure politique agricole européenne ?

On est dans un contexte mondial ou l’ensemble des matières premières est convoité y compris les matières agricoles. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de garantir une production propre sur le territoire européen. Nous pourrions acheter ailleurs comme le prône les libéraux mais dans ce cas là on accentue le déficit commercial et surtout on ne peux plus garantir la qualité du produit sur l’ensemble de la chaîne de transformation. On ne peut contrôler que le produit fini.

CLIC :  Les agriculteurs français souffrent de la concurrence déloyale de leurs concurrents européens  (1min 20)

C’est vrai des agriculteurs français mais aussi des industriels français qui souffrent d’une différence de cotisation sociale entre les différents pays européens. Mais si nous avons un handicap sur le plan social parce qu’en France nous sommes les plus chers et les plus protégés d’Europe, les autres pays nous reprochent de faire du dumping sur l’énergie car grâce au nucléaire nous avons une énergie moitié moins chère que nos concurrents.

CLIC : Êtes vous pour une rénovation des accords de Schengen ? (4min 26)

Nous venons de voter à l’assemblée européenne un certain nombre de mesure qui prévoient un meilleur contrôle de Schengen. Mais quand on parle d’immigration il faut être précis, il y a le contrôle de l’immigration aux grandes frontières extérieures de l’Union européenne, le déplacement de population dans les pays de la zone européenne et enfin le problème de l’asile de la part de certaines population qui sont plus ou moins soumis à des conditions d’exterminations dans le pays ou elles vivent. Ne mélangeons pas tout.

Européennes 2014 : « Par delà les frontières, il n’y a qu’une seule et même classe ouvrière » Entretien avec Chantal Gomez candidate Lutte Ouvrière

A l’occasion des Européennes le CLIC recevait Chantal Gomez, tête de liste   Lutte Ouvrière pour la Région Sud Est. Pour l’interroger, Etienne Aazzab du Lyon Bondy Blog, jean-philippe Bonan et Sylvain Metafiot du forum de Lyon et Patrice Berger de radio Pluriel..

Vous pouvez écouter l’intégralité des réponses de Mme Gomez  en cliquant ici

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CLIC: Pourquoi Lutte Ouvrière se présente à ces élections ? (0min27 s)

Comme c’est le cas pour toutes les élections, on veut faire entendre la voix du camp des travailleurs. Représenter une opposition ouvrière face à ce gouvernement à la solde du grand patronat et ne pas laisser à la droite et à l’extrême droite le monopole de l’opposition.

CLIC: Quelle est votre vision de l’Europe ? (1min 20)

On pense que par delà les frontières il n’y a qu’une seule et même classe ouvrière. Ses  objectifs vitaux sont les même :interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous et indexation des salaire sur l’augmentation des prix. C’est ce que nous voulons défendre face à la rapacité du grand patronat et de tous les états qui sont à leur botte. On voit bien que les politiques d’austérité sont les mêmes d’un bout à l’autre de l’Europe.

CLIC: Lutte ouvrière a t il des contacts avec d’autres partis politiques d’extrême gauche ? (4min)

Bien sur même si ce n’est pas le grand parti international que nous souhaiterions. A notre rassemblement nous invitons des groupes venant d’ailleurs d’Europe et même des Etats- unis

CLIC: Etes vous optimiste sur une nouvelle internationale d’extrême gauche ? (4min30)

Oui car on a confiance dans la classe ouvrière on sait qu’elle est porteuse de changement et vue l’évolution t du capitalisme il emmènera forcément à des luttes.

Le cas d’Alsthom et le contrôle des grandes entreprises (5min 15)

Ces grands groupes décident et les états exécutent. Leurs comptes devraient être transparents ce qui n’est pas le cas et ces entreprises devraient être contrôlées par les travailleurs.

CLIC: Croyez vous que les institutions européennes peuvent agir face aux problèmes que vous soulevez ? (8min29)

Je ne crois pas non. Elles sont au service du grand capital, comme le sont les institutions des pays membres. Le parlement européen n’a pas plus de pouvoir que le parlement français. Il faut que les travailleurs au delà des frontières imposent leurs objectifs à travers leur propre lutte.

CLIC: Comment expliquez vous la perte d’intérêt pour l’Europe de la part des travailleurs ? (9min20)

Les gens voient bien que tous les gouvernements qui se succèdent mènent tous la même politique, faire payer aux peuples d’Europe la crise du système capitalisme. Il y a des tas de politiciens comme au Front de gauche qui nous présente  l’Europe comme le principal responsable de nos maux et prône le repli nationalisme. Or c’est faux ce n’est pas en étant  retranché derrière  nos frontières soumis aux exigences de nos propres capitalistes que nous pourrons nous en sortir.

L’absentéisme chronique de certains députés européens ne prête-t-il pas le flanc aux critiques contre l’Europe ? Harlem Désir, nouveau secrétaire d’État aux Affaires européennes, est le député européen le moins assidu de France, juste devant Philippe de Villiers. Selon le site VoteWatch, il n’a participé qu’à 50,15 % des votes de l’Assemblée de Strasbourg, soit 752e sur 766 députés européens, Marine Le Pen est classée 709e, son père 723e, Jean-Luc Mélenchon se situe au 677e rang (14 min 07)

C’est représentatif de toute cette classe politique qui est au service des plus riches et qui méprise ceux qui les ont élus.

CLIC: Quelle est votre opinion vis à vis de Jean-Luc Melenchon? (14min30)

Jean-luc melenchon a déjà été au gouvernement, c’est un homme politique qui connait  bien la chanson. Il attend son tour pour devenir premier ministre d’un gouvernement de gauche.

CLIC: La mise sous tutelle des États par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) est une des causes profondes de la crise politique de l’Europe. (15 min38)

C’est ce qu’on veut nous faire croire, mais c’est faux, ce sont les états eux même qui ont choisi ce fonctionnement. On nous dit  qu’avec une souveraineté nationale on pourrait mieux s’en sortir mais c’est un rideau de fumé pour cacher qui sont les véritables responsables de la crise,   le grand capital présent dans chacun de nos pays

CLIC: La Commission européenne concentre en son sein les pouvoirs législatif et exécutif, elle négocie les traités de libre-échange, souvent dans le plus grand secret, comme c’est le cas de l’actuel Traité transatlantique, et met aujourd’hui sous tutelle les budgets nationaux. Cette institution ne souffre-t-elle pas d’un manque de démocratie dans son fonctionnement ? (17min)

C’est toute la société capitaliste qui souffre d’un manque de démocratie, elle n’est nulle part.

CLIC: Le Traité transatlantique de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis dont Hollande souhaite sa ratification « le plus vite possible » a pour but d’éliminer les « obstacles réglementaires inutiles au commerce. » Le Conseil constitutionnel et les tribunaux français ne pourront pas se prononcer, par exemple, sur la fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste. C’est le Cirdi, un tribunal d’arbitrage à Washington et dépendant de la Banque mondiale qui sera juge. Êtes-vous favorable à ce traité ? (18 min 30)

Bien sur que non, mais ce n’est pas ce traité qui est vraiment responsable de la dérégulation. C’est juste un accord marchand comme il y en a eu des tas. Avant même  ce traité les capitaux circulent déjà à la vitesse de la lumière dans le monde entier et se moquent des frontières. il ne fait qu’énoncer une réalité déjà existante.

CLIC: Quelle est la position de Lutte Ouvrière sur la question du gaz de schiste (20 min)

Seule la mobilisation populaire pourra faire reculer sur cette question.

CLIC: L’exception culturelle française serait la seule « épargnée » par ce traité. Cela pose la question d’une véritable politique culturelle européenne, complètement absente des débats sur l’Europe. Comment lutter contre l’omniprésence culturelle américaine et favoriser la littérature, le cinéma, la musique des différents pays européens ? (21min45)

L’exception culturelle française c’est quoi, c’est jean Marie Bigard ? Vous savez iIl y a de très bons films américains. Malheureusement la culture est devenue une affaire marchande. A Lutte Ouvrière, on est très attentif à la culture mais pas à une culture élitiste,  une culture pour tous.

CLIC: Existe t il une culture européenne ? (22min50)

L’Europe s’est constitué avec différents peuples venus de partout et tant mieux s’il y a différentes cultures qui se brassent, c’est une richesse pour nous.

CLIC: Que pensez vous de la remise en question de l’IVG en Europe, je pense notamment à la loi espagnol ? (23min30)

On voit que cette Europe qui a  réussit l’union des besoins capitalistes n’est pas fichu   d’unifier le droit des peuples notamment celui des femmes quand on voit l’avortement interdit en Irlande, en Pologne et bientôt en Espagne. L’Europe sociale n’avance pas, il n’y a toujours pas au XXIème Siècle de SMIC européen qui permettrait à chacun de vivre dignement, alors que c »est faisable. Ils préfèrent jouer la concurrence entre les travailleurs européens.

CLIC: Doit on pas abolir la prostitution en Europe (25min)

la prostitution est une plaie sociale mais je ne sais pas si une loi suffirait à la faire disparaître car elle découle de la misère. Il faudrait des conditions de travail décent

CLIC: Selon l’économiste Frédérique Lordon, l’euro a détruit la souveraineté populaire et il serait grand temps d’en sortir en attendant une authentique construction politique. Mais remettre en cause l’Union Monétaire Européenne qui assure l’hégémonie des marchés de capitaux sur les politiques économiques européennes, et on est aussitôt assimilé au FN. Sortir de l’Euro pour restaurer la souveraineté populaire, et on est accusé de repli nationaliste. La souveraineté du peuple est pourtant l’autre nom de la démocratie, c’est la capacité des peuples à maîtriser leur destin. L’Euro meilleur allié d’un capital ? (28 min)

Oui mais comme le Franc, la monnaie n’est qu’un instrument Il y a une souveraineté du Dollar et ça n’empêche pas la grande misère des classes populaires aux Etats Unis. La situation des travailleurs en Grande Bretagne n’est pas meilleure que chez nous alors qu’ils ont refusé l’Euro. C’est comme pour les traités ce n’est pas l’euro le responsable de nos problème c’est le marché capitaliste.

CLIC: Qui sont les véritables responsables de la crise ? (29min30)

La grande bourgeoisie dont personne ne parle comme les Peugeot, les Bettencourt, les Bolloré… qui ont du personnel politique pour faire leur sale boulot. Ces gens là n’ont pas besoin de  traités pour conclure des accords internationaux.

CLIC: Vous êtes favorable à une Europe fédérale les « Etats-Unis socialistes Europe » (32min 40)

Ça serait effectivement un grand progrès avec pour objectif l’unification des droits sociaux, des droits des travailleurs, des droits des femmes et la libre circulation des peuples y compris venu d’Afrique.

CLIC: Comment y arriver ? (33min 20)

Il faudrait une révolution à tous les niveaux. C’est aux travailleurs eux même de décider de ce qu’ils voudraient faire de cette Europe. Il faut déjà contrôler les élus c’est pourquoi on est pour des élus révocables à tout moment. C’est ça le démocratie, on décide ensemble de ce qui est bon pour la société dans sa globalité et pas uniquement  pour une minorité comme aujourd’hui.

CLIC: Que pensez vous de la remise en question de la libre circulation des roms à l’intérieur de l’Europe ? (35min 45)

C’est scandaleux car les Roms sont des citoyens européens. de plus la population Rom n’est pas très nombreuse  ce ne serait donc pas un grand problème pour l’Europe riche de trouver des solutions durables pour cette population.

CLIC: Quelle est votre position sur la dérèglementation du sport au niveau européen ? (37min 22)

Je n’y connais pas grand chose en sport, ce que je peux dire c’est que j’ai été scandalisé par les déclarations de Michel Platini sur le mondial de foot au Brésil ou il a demandé à la population brésilienne de cesser de manifester car cela allait troubler le business du foot.

CLIC: Etes vous favorable à une armée européenne (41min45)

Non, l’armée française à quoi sert elle ? Pas à sécuriser nos frontières mais à défendre les intérêts capitalistes en Afrique ou ailleurs. Il ne faut pas oublier aussi que derrière l’armée française il y a des groupes comme Dassault qui s’en mettent plein les poches.

CLIC: On n’entend pas la voie de l’Europe au niveau international (43min 20)

Ce qu’on entend pas assez c’est la voix des travailleurs et la colère des classes populaires. Et c’est ça qui doit s’exprimer.

CLIC: Lutte Ouvrière n’est donc pas pour un repli nationaliste? (45min)

C’est de l’enfumage de dire aux travailleurs qu’avec le retour des frontières ça ira mieux. Si demain vous empêcher les importations des autres pays, ils feront la même chose de leur côté et cela aura des répercussions sur les travailleurs français.

CLIC: Est ce que la Turquie et l’Ukraine ont vocation à rentrer dans l’Europe ? (47 min)

Si les peuples le décident bien sur. Je ne vois pas pourquoi on déciderait de les exclure. L’Europe va de la France jusqu’à la Russie en passant par la Turquie.

Lutte ouvrière : « Pendant que Montebourg fanfaronne, le chômage dégringole »

Dans le cadre des élections européennes , le «  clic  pour 2014 », s’est intéressé au cas de lutte ouvrière pendant leur meeting au centre culturel de Villeurbanne organisé  ce vendredi 17 mai

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Pour  commencer  citons  Karl Marx, leur  leader spirituel : « prolétaire de tous les pays, unissez-vous !!! » Sous les fenêtres du maire de Villeurbanne, les trotskistes dénoncent la nouvelle politique d’austérité du gouvernement imposé par Manuel Valls, après la débâcle socialiste des municipales. Il est 20h, le meeting commence. Les militants un peu vieillissant  sont  au rendez-vous, mais pas les jeunes. Tous les candidats aux  municipales du Grand Lyon sont présents (Olivier Minoux, Arlette Coupon, Jean noël Dudukjian, entre autres).

Éric  Lahy, seizième de liste, ouvre les hostilités en présentant la tribune. Vincent Goutany (4ème sur la liste)  et Chantal Gomez (tête de liste) la complète. Le premier avec son discours alarmiste invective la foule. Après son discours, la tête de liste prends la suite : « Cette année, c’est les 150 ans de la 1ère internationale mise en place à Londres  en 1864, à nous de mener le vent de la révolte  contre nos deux ennemis Valls et Montebourg. Ce que les travailleurs ont à combattre dans la mondialisation capitaliste, ce n’est pas la mondialisation, mais le capitalisme ».

Olivier Minoux présent sur la liste : «J’ai 45 ans et je me  trouve jeune. Les idées, ce n’est pas  un problème de jeunesse. C’est cette jeunesse qui nous aidera pour les prochaines luttes. Les idées, elles dépassent tous les ages.Dans cette salle, il y a des jeunes de 18 ans. Ce qui est bien avec Lutte Ouvrière, c’est qui l’y a un grand rassemblement inter générationnel ».

Thierry 30 ans militant Lutte Ouvrière : « je suis militant, je pense qu’il faut que notre voix compte. Comme on est attaqué de partout par Mr Valls, des milliards et des milliards qui sont pris aux classes populaires. C’est dégueulasse. On nous demande de nous serrer la ceinture sans arrêt, et d’un autre coté on va filer plein d’argent au patronat ».

Une heure après leur discours, les candidats laissent la parole aux militants. Un militant interpelle Mme Gomez : « Est-ce que Lutte Ouvrière s’intéresse à l’écologie ? ». Cette dernière lui répond : «  Les marxistes étaient les premiers écologistes ». Tout le monde parle de l’actu avec l’accident dans une mine en Turquie ce Mardi. Un militant dénonce les médias nationaux faisant la part belle au FN, un dernier originaire des Antilles rappelle les cadeaux fait aux patronats (forte diminution des impôts). Jean Paul, électro mécano, militant depuis 1973, nous glisse une petite phrase : « La classe ouvrière internationale doit se faire entendre »
A 22 heures, le meeting se finit et l’internationale retentit pour de donner du baume au cœur

Étienne Aazzab

MARTINE BILLARD : « L’austérité, non merci ! »

Martine Billard Co- présidente du Parti de gauche était présente le 19 mars à Lyon pour soutenir la  candidature d’Andréa Kotarac et de Damien Broussard pour les élections municipales lyonnaises. L’occasion de revenir avec la co-présidente du Parti de gauche sur l’importance du scrutin pour combattre deux choses : la politique d’austérité du gouvernement et l’abstention.

Martine-billard

Forum de Lyon : Bonjour Mme Billard, pouvez-vous, vous présentez ?
Martine Billard : Je suis  co-présidente du Parti de gauche avec Jean-Luc Mélenchon. J’étais députée de Paris, de  2002 à 2012.

Qu’attendez-vous  des  élections municipales ?
Pour les municipales, on vote  pour une politique locale dans nos communes. Il ne faut pas oublier ce qui se passe au niveau national avec la politique d’austérité  instaurer par le gouvernement socialiste qui a une incidence sur la politique locale. Pour le Parti de gauche, c’est normal qu’il y ait des listes autonomes du Front de gauche au niveau national. Nous nous sommes battus pour que ces listes existent.  Nous avons élargi nos listes avec Les Verts et le NPA dans d’autres villes (NDLR : Grenoble et Villeurbanne).  Pour contester la politique du gouvernement, il nous fallait  unifier toutes les forces d’opposition à gauche.

Pouvons-nous  rehausser  le niveau de la classe politique en France ?
Nous le pouvons. Il y a un gros travail de fond à faire. Les Français ont perdu confiance dans la classe politique. Durant ces élections, nous devons combattre une chose : l’abstention. Ce n’est pas légitime que dans des villes,  un maire soit élu avec 15% des suffrages . Le problème est que les classes populaires ne vont plus voter. Au final, ce n’est qu’une fraction de la population qui va voter. Les maires, une fois élus,  laissent de côté les personnes dans le besoin. Il faut reconstruire la confiance, être cohérent et  respecter nos engagements.

A Lyon, pour les élections municipales, vous avez deux candidats Mr Kotarac, 24ans (8ème arrondissement) et Mr Broussard 20 ans (6ème arrondissement). Franchement, vous  envoyez un peu au « casse- pipe » ?
Ces candidatures ont était effectives après répartitions par arrondissement. Mais pour Mr Kotarac, il peut faire un bon score. Vous êtes un peu dur, de toute façon nous sommes obligé de renouveler nos candidats et de faire confiance à notre jeunesse. On sait très bien que dans le 6ème, on a très peu de chance, (NDLR : arrondissement très à droite), mais bon qui ne tente rien n’a rien. Nous sommes en train de construire l’  avenir de notre parti.

Quelles sont vos priorités ?
Nous n’avons pas de priorités. Après, nous pensons arrivés en tête au soir du premier tour dans trois villes (Villeurbanne, Montauban et Grenoble). A Montauban, nous avons pas mal de chance car en face il y a  une maire sortante (UMP) qui se permet de temps en temps des dérapages racistes. On y va pour gagner.

Interview effectuée par Etienne Aazzab